dimanche 25 novembre 2007

IRAN / CLICHÉS PERSANS - LE FILM DOCUMENT


Ce reportage a été réalisé pour l'émission Métropolis sur la chaine arte durant l'hiver 2004/05 d'après une idée de Farrokh Ghaffari (TEHERAN1921-PARIS 2006), le pionnier du cinéma iranien. Farrokh Ghaffari avait mis un point d'honneur à ce que nous tentions de retrouver le maximum de photographies importantes provenant principalement des albums royaux élaborés par la cours de Perse dans la deuxième moitié du 19e siècle.



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FILM DOCUMENTAIRE (EXTRAIT) DE JL GANTNER ET MAHVASH MERHAMUZ



Farrokh Ghaffari, le cinéaste et créateur de la cinémathèque de Téhéran vivait en France, dans le quartier de Montparnasse depuis 1979. Après la révolution islamatique et l'arrivée au pouvoir des Mollahs, l'ami d'Henri Langlois, de Jacques Truffaut, l'érudit de toute une histoire du cinéma moderne européen et créateur de la cinémathèque de Téhéran, n'a plus jamais retrouvé l'ambition de poursuivre son métier. Nous nous étions rencontré comme ça, un peu par hasard, sur le projet du premier film de Simin Motamed Aria. L'actrice réalisait alors un portrait du cinéaste et je m'étais un peu mêlé de cette aventure comme chef opérateur. Des mois plus tard, nous avons repris le fil de la conversation à propos de son passé de cinéaste, ses souvenirs à propos du tournage de "La nuit du bossu" en 1963. Farrokh Ghaffari venait de signer le premier ouvrage cinématographique moderne sérieux dans son pays. Bref, pour cet homme de l'art, retrouver et "révéler" l'existence de ces milliers de photographies dont personne ne semblait alors se soucier, lui paraissait la chose la plus importante du monde. Une amie très proche de Farrokh, Mahvash Merhamuz, s'était "mise en quatre" pour remonter les pistes, d'abord parmi les intellectuels de la diaspora parisienne, puis, dans le pays lui-même, à travers les écoles d'art, les institutions cultutelles, chez des collectionneurs. Après plusieurs mois d'enquête, Nous avions rassemblées tous les éléments du puzzle. Restait à réussir ce pari, de nous faire ouvrir les portes de la caverne au trésor par les autorités iraniennes et d'avoir l'autorisation de reproduire une quantité importante de documents.
C'est Robert Delpire qui fut en réalité le césame de cet aventure. Connu par les iraniens comme étant l'éditeur et ami d'Henri Cartier Bresson, Robert Delpire s'est proposé d'organiser des conférences sur place avec la photographe Sarah Moon, sa femme, en échange de quoi on l'autoriserait à consulter les archives du Golestan Palace. Il deviendrait par là, le premier occidental à ouvrir le grand livre d'histoire de la naissance de la photographie dans l'empire de Perse.

La salle des archives du Golestan Palace, à Téhéran

À notre arrivée sur place quelques jours avant Noël, nous ne savions véritablement que peu de choses à propos de la quantité d'images que nous allions trouver (environ 50 000...) leur qualité surtout. L'intérêt considérable que ces photographies représenteraient pour la culture en général et au delà même du simple patrimoine national iranien.













©Fond d'archives photographiques du Golestan



Des milliers d'images, pour majorité, des plaques de verre tirés sur papier et rassemblées dans des albums anotés de la main de Naserdin shah et Mozaferin Shah, les deux deniers rois de la dynastie Ghajar.



En 1845, soit trois ans après l'invention du procédé photographique en France, un exemplaire de cet appareil est offert par le tsar de Russie au roi Mohamad shah, le père de Naserdin "le roi photographe". (Sur ce point, Shariar Adl, historien, ne se prononce pas de manière certaine sur qui de la diplomatie russe ou des émissaires de la couronne britanique fut le premier à offrir cette prouesse de la technologie occidentale au maitre de Téhéran. La légende colporte que deux appareils ont ainsi fait l'objet d'une marque de faveur à l'intention de la cour d'Iran... Outre la polémique pour l'anecdote, c'est sans nul doute de cette manière que l'histoire de la photographie au royaume d'Iran a commencé.




© JEAN-LUC GANTNER-2005. TOUTES LES PHOTOGRAPHIES DE REPORTAGE, L'AFFICHE ET LE DOCUMENT AUDIOVISUEL, LE REPORTAGE PHOTOMOBILES™ AINSI QUE LES REPRODUCTIONS, BANC-TITRES... SONT LA PROPRIÉTÉ DE JEAN-LUC GANTNER ET PROTÉGÉS PAR LA LOI FRANCAISE SUR LES DROITS D'AUTEUR.